Je ne sais pas s'il existe une pire impression que celle de se sentir pathétique. J'écris ça, les yeux baignant encore dans les larmes, même si elles ont arrêté de couler. Quand vous pensez à tout ce qui vous rend malheureux, tout ce à côté de quoi vous avez pu passer alors que vous les voyez à longueur de journées juste sous vos yeux, tout ce que vous avez échoué, tout ce pourquoi il vous arrive de vous sentir misérable.
Ca peut arriver dans le meilleur des contextes. A une fête pas exemple. Vous êtes pourtant censé vous amuser, à une fête. D'ailleurs vous vous amusiez, jusqu'à ce que, dans un éclair de lucidité, vous vous retrouvez deux minutes seul à observer le bonheur des autres. Untel et untel qui sont heureux ensemble, que ce soit de l'amour ou une amitié profonde à l'épreuve de tout. Et vous vous dites que vous aimeriez ça vous aussi, mais que vous ne l'avez jaamis connu. Alors tout va très vite, vous vous demandez pourquoi les autres toujours, et jamais vous. Qu'est-ce qu'il y a chez vous qui ne tourne pas rond, pour que vous ne puissiez pas avoir la même chose que tout le monde ? Alors vous énumérez inconsciemment tout ce que vous pensez être vos défauts, ou ces choses chez vous qui peuvent agacer les autres, parfois. Et vous finissez par vous dire que ce sera toujours comme ça, qu'il y a les gens qui sont pleinement heureux et ceux qui ne le seront jamais. Alors, vous passez de l'état d'excitation et d'euphorie dans lequel vous étiez encore il y a une minute trente, pour plonger dans la solitude et le dépit. Ou comment foutre en l'air une soirée avec des gens à qui vous tenez, et qui eux ne tenaient qu'à une chose : s'amuser. Cela dit, ils continuent, ils s'amusent tellement qu'ils ne voient pas que vous, êtes là, impassible, le visage dépourvu de toute émotion.